Suivi de la densité des mulettes à travers le lac Massawippi

L’implantation de la moule zébrée peut aussi avoir un impact négatif sur les populations de mulettes d’eau douce indigène d’un lac (bivalves de la famille des Unionidés). La coquille des mulettes offre une surface d’attachement idéale pour la moule zébrée qui peut s’y fixer, compétitionnant directement pour la nourriture et l’oxygène. Ainsi, les moules zébrées peuvent prendre leur place dans l’écosystème, créant ainsi des extinctions locales. Les effets négatifs de la moule zébrée sont toutefois encore minimes sur l’environnement du lac Massawippi pour le moment.  

En 2023, un projet de suivi de la densité de mulettes a été élaboré en collaboration avec le MELCCFP. Les objectifs étaient de caractériser la densité, la diversité et la physiologie des mulettes du lac Massawippi, à 9 stations réparties à travers le lac, en plus de comparer et quantifier les variations chez les mulettes pouvant s’expliquer par la pression exercée par les moules zébrées à long terme.

En 2023, 7 stations sur 9 présentaient des signes de colonisation de la mulette par la moule zébrée. Le taux de colonisation variait entre 0 et 25%. En 2024, 8 stations sur 9 présentaient des signes de colonisation, dont le taux variait entre 0 et 50%.

Quatre espèces de mulettes ont été identifiées durant les échantillonnages, soit l’elliptio de l’Est (Eliptio complanata), l’anodonte de l’Est (Pyganodon cataracta), la grande anodonte (Pyganodon grandis) et la lampsile rayée (Lampsilis radiata).

Dû à des ressources financières limitées, ce projet n’a pu être poursuivi en 2025. Il a toutefois été observé lors des plongées de retrait que chaque mulette était colonisée par des moules zébrées. Les mulettes situées dans l’extrémité nord du lac, où les densités de moules zébrées sont les plus élevées, présentaient généralement une colonisation complète sur leur partie supérieure hors du substrat.