Lamproie du Nord : restaurer, sensibiliser, protéger

Mise en contexte

Le bassin versant du lac Massawippi abrite une biodiversité exceptionnelle, mais fragile. Parmi ses résidents les plus discrets se trouve la lamproie du Nord, une espèce vulnérable dont la survie dépend directement de la qualité de nos cours d'eau.

Lumière sur l’espèce

But du projet

L'objectif central de cette première phase est de transformer notre compréhension globale de la lamproie en une expertise locale concrète afin de protéger ce résident méconnu de la rivière Tomifobia. Nous souhaitons documenter rigoureusement l'état de son habitat tout en co-planifiant, avec les producteurs agricoles, des solutions de restauration durables qui respectent les réalités du terrain. Cette étape cruciale d'acquisition de connaissances permettra de cibler les interventions futures les plus efficaces pour assurer la survie de l'espèce à long terme.

La lamproie, qui est-elle?

La lamproie du Nord n’est ni une anguille, ni une lamproie parasite. C’est un poisson préhistorique dépourvu de mâchoires. Elle ne fait qu’entre 10 et 15 cm à l’âge adulte.

Durant une période pouvant atteindre 7 ans, les larves de la lamproie vivent enfouies dans le limon des cours d’eau. Une fois adulte, la lamproie quitte les sédiments et parcours de courtes distances pour se reproduire. Ses oeufs sont déposés dans des nids de gravier au printemps.

Les menaces

La lamproie du Nord fait face à plusieurs menaces, ce qui nuit à la pérennité de son espèce dans notre région. Deux enjeux majeurs sont particulièrement préoccupant dans notre région :

  • La perte de bandes riveraines : Dans plusieurs tronçons de la rivière Tomifobia, la faible présence de végétation naturelle sur les berges accentue l’érosion. Sans cette protection, le sol s'effrite et des sédiments s'accumulent dans le lit de la rivière, étouffant le substrat de roches et de gravier essentiel à la ponte des femelles et au développement des jeunes, aussi appelés ammocètes.

  • La présence de contaminants dans l'eau : Les activités humaines, incluant l'urbanisation et l'agriculture, entraînent le lessivage de polluants vers la rivière. En l'absence de filtres naturels comme les bandes riveraines, ces contaminants altèrent la qualité de l'eau nécessaire à cette espèce particulièrement sensible, augmentant ainsi les risques d'extinction locale.

Lumière sur le projet

Nos prochaines actions

Afin de cibler nos futurs efforts de restauration des berges avec la plus grande exactitude, le projet s'amorce avec ces trois étapes de collecte de données et d'analyse :

  • Caractérisation : Réalisation d'un inventaire détaillé dans la rivière Tomifobia pour localiser précisément l'espèce et d’une caractérisation des berges de la rivière en milieu agricole.

  • Analyse spatiale : Croisement des données d'observation avec les zones riveraines nécessitant une revégétalisation.

  • Planification : Élaboration d'un plan d'action stratégique adapté à la proportion de terres agricoles et privées ciblées.

Le défi écologique

Pour se reproduire, la lamproie du Nord nécessite un substrat très spécifique composé de roches et de gravier. Actuellement, l'érosion des berges et l'accumulation de sédiments dans la rivière Tomifobia étouffent cet habitat critique.

Ce projet a été rendu possible grâce à la participation financière de la Fondation de la faune du Québec avec la contribution du gouvernement du Québec dans le cadre du Plan nature 2030.